Commencer dans le contemporain avec Christos Papadopoulos (18 décembre 2024)

J'y suis allé avec mon frère qui n'avait jamais vu de ballet contemporain. Christos Papadopoulos n'est pas forcément la meilleure -traduire la plus évidente- entrée en matière. Mon frère ne cessera de me poser des questions à l'issue de la représentation. Plus que sa curiosité, ce ballet a piqué sa sensibilité.


Je retrouve Christos 
Papadopoulos après un premier rendez-vous cette saison dans le même Théâtre de la Ville, après Ties Unseen, un peu éclipsé par la splendeur de Solo Echo de Crystal Pite. Apparemment, il y a un système Papadopoulos, un déplacement face salle du corps de ballet avec ici une subtilité lumineuse qui empêche de voir les pieds et fluidifie le déplacement comme s'ils étaient sur de petites voitures. Il y a un système comme la musique développe ses systèmes c'est-à-dire des éléments de reconnaissance et d'identification qui nous font apprécier les variations, les modulations de l'artiste. Les danseurs ne se touchent pas. Ils n'accomplissent rien de spectaculaire. Au début, on croit comprendre. On croit comprendre que l'on peut s'ennuyer, que tout cela peut être bien ennuyeux malgré la courte heure. Mais comme le corps des danseurs tout en détente, plus qu'en souplesse, dès que vous acceptez le principe, dès que vous acceptez les dispositions proposées le temps ne devient plus une contrainte, ni une obsession. Vous vous laissez aller à contempler ce tableau contemporain en mouvements durant lequel les danseurs se rapprochent et s'éloignent, forment une masse, tout en fluidité et en harmonie. Le spectacle sans spectaculaire est source d'émerveillements comme si un phénomène naturel et évident se déployait sous nos yeux. 

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Fallait-il y aller ? Christos, mène, en 2024, par deux zéro.
Belle manière de conclure l'année ? Sans doute.
En résumé ? Un geste infini et merveilleux comme si la nature savait danser.

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